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Triennale Art
Industrie
& Dunkerque
Hauts–de–France
Triennale Art & Industrie Dunkerque Hauts–de–France

Lieu : Conservatoire Département Arts visuels École des Beaux Arts de Saint Omer

4 Rue Alphonse de Neuville, 62500 Saint-Omer, France

octobre 4, 2023 @ 19h00 21h30

Par le conservatoire département Arts visuels école Beaux Arts De SAint-Omer

L’habitat fait partie des besoins fondamentaux de l’homme.  D’ailleurs, un des critères d’une extrême pauvreté est souvent l’absence de logement.  Au Ier siècle avant JC, Vitruve développe dans son traité d’architecture l’idée de la cabane primitive aux origines de l’architecture. Les photographies de Nils Udo, artiste qui élabore des constructions à la fois « simples » et d’une rigueur souvent architecturale en n’utilisant que des éléments trouvés sur place, viennent s’inscrire dans cette expérience d’un abri originel. 

Si les premiers habitats ont répondu à un besoin de protection, au fur et à mesure, les espaces se sont divisés pour amener à plus d’intimité. L’habitat originel, vu comme un cocon, est à l’origine du Lit Clos des Frères Bouroullec. Version contemporaine de ce meuble de tradition bretonne, le Lit Clos interroge le lien entre l’intérieur et l’extérieur, entre le besoin d’intimité et la nécessité du lien social. Ses formes épurées rappellent à la fois le cocon originel tout en tirant vers les formes de l’art minimal. Conçu comme une cellule de l’isolement, il peut être monté, démonté, déplacé facilement au sein de l’espace d’habitation. 

Cette perception d’un habitat comme cellule se retrouve dans les problèmes liés aux nomadismes des populations. Les photographies de Bruno Serralongues montrent ces abris précaires qui se développent autour de Calais, suite à la fermeture du centre de Sangatte. Les images de Bruno Serralongues abordent un des enjeux majeurs de nos sociétés contemporaines, conséquences du dérèglement climatique : le déplacement des populations.  Dans l’urgence, les hommes construisent des abris de fortune, reprenant la forme de petites grottes, fabriquées avec des objets de rebut de la société contemporaine. 

Il est intéressant de constater que la cellule désigne à la fois l’élément de base d’un organisme vivant et l’unité de base de l’habitat.  Dans le domaine du logement, elle peut se suffire à elle-même, comme croître et se multiplier pour permettre une modularité des besoins et des espaces. Cette unité de base est à la source des premiers habitats humains et revient sur le devant de la scène dans des situations d’urgence, mais aussi comme une réponse à l’architecture des espaces et des besoins humains.